Des hommes sans loi

Captivant mélange de styles entre le western rural et le gangster urbain, Des hommes sans loi plonge le spectateur dans la vie sanglante de trois frères dans l’Amérique des années 1930. Une histoire vraie qui mêle passion et violence au temps de la Prohibition.

Sara Bandelier

Lawless

Lawless

1931. Franklin, un petit village en Virginie. La fratrie Bondurant y mène sa loi et exerce son commerce illégal d’alcool en toute impunité. « Mon frère Forrest a dit un jour que rien ne pourrait nous tuer. Qu’on mourrait jamais » raconte le plus jeune des Bondurant au début du film. Et pourtant, l’arrivée d’un nouveau shérif va tout bousculer.

Des hommes sans loi est porté par la narration de la relation complexe entre ces trois frères que tout oppose, mais qui devront néanmoins s’unir pour affronter le sadisme du shérif corrompu. Pris dans une tourmente violente, les trois gangsters vont chacun à leur tour se faire humilier, frapper, poignarder et égorger. Le frère cadet restera même à terre des heures durant, sous la neige, la gorge tranchée, du sang jaillissant de ses mains. La vengeance n’en sera pas moins poignante : le shérif se verra recevoir un doux emballage contenant le pénis découpé de l’un de ses sbires. Appétissant. Le geste est abject, mais l’intensité le rend délectable.

Pour ceux qui rêvent de se fondre dans la beauté des paysages Appalaches d’une Amérique vibrant au son des musiques western revisitées, le film offre une photographie saisissante. Ceux qui espèrent trouver un jeu d’acteur à la hauteur d’un scripte de Nick Cave seront également ravis. Shia LaBoeuf surprend dans un rôle qu’il n’a pas l’habitude de tenir. Le gangster gentil et un peu naïf qu’il habite va pourtant montrer l’étendue de son pouvoir en incarnant un genre d’Al Capone. De leur côté, Tom Hardy et Gary Oldman forment un duo incontournable, à ne rater sous aucun prétexte.

Entre le scénario et la réalisation, Nick Cave et John Hillcoat ont su bien manier leur art afin de transporter le spectateur à travers un voyage rempli d’émotions: angoisse, énervement, dégoût ou compassion. Par son jeu de lumières, Des hommes sans loi malmène les nerfs du spectateur en le plongeant dans un univers sombre et dangereux. Un goût des années 1930 retrouvé.

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