50 Shades of Grey: le phénomène traverse les frontières anglo-saxonnes

Après avoir fait succomber ses soumises anglophones, 50 Shades of Grey s’apprête à conquérir le cœur et dominer le monde érotique des natives de la langue de Molière. Lui diront-elles toutes « oui, Monsieur » ?

Sara Bandelier

 C’est sans surprises, après un succès fulgurant en terres anglo-saxonnes, que le monde sadomasochiste de Christian Grey se prépare à frapper de plein fouet les lectrices francophones le 17 octobre prochain. 50 Shades of Grey (50 nuances de Grey, en français) vient ainsi s’aligner dans le champ des littératures SM à succès tels que The Story of O de Pauline Réage, Justine du Marquis de Sade ou encore Les Onze Mille Verges de Guillaume Apollinaire.

A la fois sexy, enivrant et simple, la trilogie érotico-romantique d’EL James promet à ses lectrices de parcourir de véritables montagnes russes d’émotions. Entre excitation sexuelle et affres de l’amour. Car 50 Shades of Grey c’est avant tout, comme le décrit The New York Times, du « mommy porn » (porno pour mamans). Le lecteur se laisse emporter dans deux mondes antagonistes. Celui de Christian Grey, sombre millionnaire qui tente de soigner les blessures de son enfance en pratiquant le sadomasochisme. Celui d’Anastasia Steele, jeune et innocente vierge qui succombe au charme et aux désirs de son amant. Ce dernier l’entraine dans un mode de vie où acte sexuel rime avec coups de fouets, menottes, obéissance et soumission. Sa satisfaction ultime est de voir sa partenaire souffrir. La douleur. Un mot suffit pour brosser le personnage du Chevalier Noir, Christian Grey. Comme le dit le Marquis de Sade, « il n’est aucune sorte de sensation qui soit plus vive que celle de la douleur ; ses impressions sont sûres, elles ne trompent point comme celles du plaisir ».

D’une plume prosaïque, EL James joue sur les stéréotypes d’un puritanisme américain. D’un côté, celui d’un homme affecté par une enfance sordide. En grandissant, il tombe sous la gloire et l’argent, circulant d’une histoire platonique sadomasochiste à une autre jusqu’à ce qu’il rencontre la fille qui pourrait le transformer en une sorte de gentleman. En un mot, clichés. L’entrepreneur riche et beau qui s’adonne à des pratiques peu conventionnelles et qui peine à se laisser sauver. De l’autre, la jeune fille pure et innocente. Elle ne connaît rien à l’amour, n’a jamais transcendé de règles : ne fume pas, ne se drogue pas, boit peu et qui attend celui qui fera chavirer son cœur. Encore des clichés. Sage américaine, mais pas trop quand même, elle réunit la majorité des facettes que l’on attribue à une femme. Etre dans la réflexion, l’émotion, la curiosité et le besoin de materner. Même la pointe de féminisme dont est dotée l’héroïne tend parfois à agacer le lecteur. Oui, l’envie de cingler sa « déesse intérieure » vient à l’esprit ! Pourtant, ce roman n’en reste pas moins addictif. Etrangement. Est-ce la douceur des traits des personnages, la subtile violence des scènes sexuelles, le côté maternelle émergeant de la femme face à un homme en perdition ou le féminisme d’Anastasia Steele ? L’intrigue demeure. Nonobstant, EL James a su à la fois toucher la corde sensible de la femme, réveiller son excitation et lever le voile sur le tabou du BDSM. Ainsi, lectrices, préparez-vous, vous aussi, à succomber à l’ardeur de Christian Grey, à laisser votre côté « soumise » faire surface et dire « oui, Monsieur ».

 

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